HENRI PFR – INTERVIEW

henripfDevons-nous réellement encore présenter Henri PFR ? Révélation de l’année 2016, ce jeune DJ-producteur belge enchaîne les DJ sets aussi bien en Belgique que dans le monde entier. De « Home » à « In The Mood », en passant par « Until The End » et « Flames », tous ses morceaux sont de véritables succès ! Nous avons eu l’immense chance de pouvoir le rencontrer dans les studios de RTL House. A travers cette interview, nous vous proposons un petit retour sur ce parcours exceptionnel.

As-tu toujours su que tu voulais faire de la musique ton métier ou c’était plus un loisir ?

Je ne pensais pas que ça allait devenir un jour mon métier. Je suis passionné de musique  depuis mon plus jeune âge. J’ai suivi des cours de formation classique. J’ai fait du piano et du solfège. Mon père m’a toujours beaucoup baigné dans la musique. Depuis que je suis tout jeune, j’ai toujours vraiment adoré la musique ! J’étais fan de musique et j’en ai toujours fait. Cependant, je ne pensais pas qu’un jour ça allait devenir mon métier, que je pourrais gagner ma vie grâce à cela et ne pouvoir faire que ça, sans devoir faire d’études. Je ne l’aurais jamais cru.

Te souviens-tu du jour où tu as décidé de devenir DJ ? 

Oui ! C’est vrai qu’il y a vraiment eu ce moment quand j’avais plus ou moins 13 ans. J’allais à ma première soirée scout et il y avait un DJ résident du « Fuse » qui mixait. Ils avaient mis en grand sur les affiches son nom avec entre parenthèses « DJ résident du Fuse ». Cela m’impressionnait beaucoup, car à l’époque le « Fuse » c’était LA boîte de référence. J’étais donc dans cette salle scout et je regardais ce DJ mixer en me disant : « Wouaw, c’est super stylé et un jour, je veux être à sa place, un jour je veux mixer ! ». C’était donc un peu à ce moment-là que je me suis dit que j’avais envie de devenir DJ.

Ensuite, je suis devenu à mon tour résident du « Fuse ». J’étais le plus jeune résident à une époque. Je ne mixais pas pour « Fuse » même, mais dans des soirées qu’ils organisaient. Je mixais de la dubstep avant. A mes 16 ans, j’étais là quasiment toutes les deux semaines pour y mixer, c’était assez cool !

Quel DJ écoutais-tu quand tu étais plus jeune ?

J’ai beaucoup écouté DJ Furax. Aujourd’hui, c’est devenu un ami. Il y avait aussi Tiësto, Armin Van Buuren, tous les grands noms, je les ai beaucoup écoutés !

Raconte-nous ton premier DJ set…

C’était une catastrophe ! C’était à l’anniversaire du frère de mon meilleur ami. Il avait loué une petite salle et invité une quarantaine d’amis à lui. Je venais à peine de commencer à mixer… ça faisait deux semaines que j’avais le matériel. J’étais encore sur vinyles à ce moment-là. J’avais donc installé mes deux vinyles et ma table au milieu. J’ai joué des sons que, lorsque je les réécoute maintenant, je me demande comment j’ai pu oser jouer ça ! C’était super violent et super agressif, alors que c’était à un anniversaire et que c’était pour faire la fête. De plus, sur un vinyle il faut reprendre l’aiguille et la remettre au début toutes les 5 minutes. J’oubliais de le faire et donc à chaque fois le son se coupait en plein milieu. Je lançais mal mes morceaux, je n’étais pas dans le rythme, c’était vraiment la catastrophe. Après, je n’ai plus osé mixer pendant deux ans, parce que je me disais que je n’étais pas prêt. Jusqu’au moment où je me suis dit que j’avais pris assez de recul par rapport à cela. Je me sentais prêt. Je suis donc allé mixer à une soirée scout, ça c’était la première vraie grosse soirée que j’ai pu faire. C’est là où ça a commencé.

Est-ce que la sortie d’un album est dans la liste de tes futurs projets ?

Oui et non, c’est-à-dire que j’ai assez de morceaux pour en faire un. J’ai à peu près 23 morceaux qui sont vraiment finis. Cependant, je n’ai pas envie de me mettre cette pression, de promettre un album aux gens en disant que je vais sortir un album à une telle date, alors qu’au final il y aurait du retard ou que l’album ne serait pas assez bien pour moi. Je préfère encore me laisser un petit peu de temps, ne pas me mettre de pression et plutôt de faire single par single, comme je le fais pour l’instant. D’autant plus que ça marche bien. Et puis aussi, il faut que j’instaure un peu plus ma « touch ». J’aimerais  que  l’on  puisse  vraiment dire « ça c’est le son Henri PFR ! », que ce soit vraiment mon style, ma production, mon univers et donc essayer d’imposer cela un peu plus dans les oreilles des gens. Tout en espérant que ça plaise. Dans le futur, il y aura d’office un album, parce que c’est mon rêve, mais pas pour tout de suite. Je me laisse encore le temps.

Combien de temps cela demande-t-il de produire un morceau, comme « In The Mood » par exemple ?

C’est une bonne question ! C’est tellement large, ça peut aller d’une soirée (quelques heures) à plusieurs mois. Souvent, l’idée principale du morceau se fait en 2-3 heures. Ensuite, ce ne sont que des détails : utiliser cet instrument là ou un autre, mettre la voix un peu plus fort à certains moments, mettre un peu plus de réverb, changer le kick. Ce ne sont vraiment que des détails pendant plusieurs mois, mais la création des bases, le squelette du morceau, se fait en à peine quelques heures.

Tu enchaînes souvent plusieurs sets de suite, et cela parfois même dans des pays différents. Comment fais-tu pour tenir le coup ?

Quand on est en tournée, il faut avoir une vie très saine. Au début, lors de mes premières tournées, je suis tombé dans le piège qu’en tant que DJ, tu as l’alcool gratuit, tu peux faire la fête gratuitement. Je m’amusais et me réveillais le lendemain avec une gueule de bois. Je devais alors recommencer le soir d’après, sans être en forme. Au final, à la fin d’une tournée, j’étais totalement K.O. Aujourd’hui, j’ai réussi à prendre un peu plus de recul là-dessus. Maintenant, quand je vais mixer en soirée, je m’amuse beaucoup, mais c’est mon boulot : je viens, je fais mon mix, je bois de l’eau et peut-être un petit verre pour me détendre. Ensuite, dès que j’ai fini de mixer, je repars (à part si je n’ai rien le lendemain et que j’ai envie d’un peu m’amuser). Donc oui, pour tenir le coup, il faut vraiment avoir une vie assez saine, parce que quand on est non-stop dans les avions, en soirée, dans du bruit, avec de l’alcool autour de soi, il faut être strict avec soi-même.

Est-ce que tu préfères faire un concert en festival ou dans une salle ?

Les deux ! Il y a l’Ancienne Belgique qui est l’un de mes meilleurs souvenirs. Ce qui est chouette dans une salle, dans un endroit un peu plus petit et avec moins de gens, c’est que tu peux te permettre plus de chose. Comme essayer des sons que tu n’essayes pas en festival, par exemple. En festival, on ne joue que les morceaux qui marchent et que les gens vont aimer, sur lesquels ils vont chanter et crier. Alors qu’en boîte, en club ou dans des salles plus privées, je peux essayer mes morceaux. Si je vois que ça marche en club, alors je l’essaie en festival. Le club me permet d’essayer certains morceaux. Après, le festival c’est aussi génial ! Tu as des énormes foules devant toi ! J’adore les deux !

Tu adaptes donc tes sets en fonction de l’endroit…

Oui forcément. J’ai une guideline dans mes sets. J’ai toujours un peu le même type de morceaux, ceux qui marchent à tous les coups, qu’importe l’endroit, les gens vont adorer. Après, je m’adapte. Par exemple, il n’y a pas longtemps, je suis allé mixé à une soirée privée où j’ai joué un peu plus deep house et lounge. A l’inverse, quand je joue en festival, je vais jouer des trucs plus « rentre-dedans », des morceaux qui donnent plus envie de sauter. Je m’adapte au public. Si je vois que les gens n’aiment pas les titres trop commerciaux et qu’ils préfèrent des morceaux plus underground, je vais jouer cela.

Tu as pu voyager un peu partout dans le monde grâce à tout ce succès. Y a-t-il un pays dont le public t’as plus marqué que d’autres ?

La Belgique ! [rires] 

Je cite souvent Dubaï ! C’est vraiment un endroit qui m’a un peu « choqué ». J’avais une vision des Émirats arabes unis qui était très autoritaire. Je pensais qu’ils ne faisaient pas la fête, que c’était strict et qu’à 22h, ils rentraient tous chez eux. Alors que sincèrement, ils étaient chauds là-bas. Je ne m’attendais pas à ça, mais ils savent vraiment faire la fête !

As-tu une anecdote avec un fan à nous raconter ?

Je mixais en Allemagne et il y avait 4 belges devant, super fiers avec le drapeau belge en criant « Henri » à fond. Après, je suis allé faire une petite photo avec eux, les voir et papoter. En leur demandant ce qu’ils faisaient dans la vie, il y en a un des quatre, Ludovic, qui m’a dit qu’il était hypnotiseur. Il m’explique qu’il donne des spectacles d’hypnose. A ce moment-là, je n’y croyais pas. Il a donc fait le test et m’a hypnosé en deux minutes, au festival ! Je me suis retrouvé avec le bras coincé en l’air, j’avais oublié le chiffre 7 et mon nom. Depuis, j’y crois complètement et je me suis moi-même lancé dans l’hypnose tellement c’était fort. C’était une expérience complètement folle.

Avec quel artiste rêves-tu de collaborer ?

Avec beaucoup trop d’artistes que pour en citer un seul ! Si j’en cite 1, j’en oublie 20 ! Il y a entre autres Jonis Joplin, mais elle est morte. J’aurais adoré.

Quel est le plus beau concert auquel tu as participé en tant que spectateur ?

Kings of Leon, il y a beaucoup de personnes qui n’ont pas aimé, mais moi j’avais adoré. Il y a aussi Coldplay, c’était encore mieux ! Ils venaient de sortir « Viva La Vida » et c’était magnifique, ils avaient jeté des énormes ballons dans le public, c’était vraiment magique.

Selon-toi, quel est l’artiste belge qui fera l’année 2018 ?

Je peux me citer moi-même ? [rires]

Il y en a plein ! C’est ça qui est chouette… En Belgique, il y a vraiment une nouvelle vague d’artistes qui arrivent et qui sont prêts à tout défoncer ! Je pense à Todiefor avec son dernier titre « Cool Kids » qui est génial ! Il y a Alex Germys qui est l’un de mes meilleurs potes et il cartonne à mort. Il y a aussi Lost Frequencies, mais on ne doit même plus le citer. Je peux aussi citer Kid Noize… Ce qui est chouette, c’est qu’il y a vraiment plein d’artistes ! Je n’ai cité que les DJs, mais je peux aussi dire Loïc Nottet qui déchire tout, Blanche, Mustii, Alice On The Roof. On a tellement d’artistes en Belgique que c’est vraiment génial d’avoir le luxe de dire qu’on ne peut pas en citer qu’un !

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