PALE GREY – INTERVIEW

Pale Grey.pngPale Grey est un groupe liégeois qui ne cesse de séduire avec ses ondes indie-pop. Leur dernier album « Waves » tourne en boucle dans notre radio depuis que nous avons découvert ce groupe. Aujourd’hui, nous vous invitons à découvrir l’interview que nous avons réalisé le 23 juin dernier dans le cadre des « Fêtes de la Musique » à Namur. 

Pour commencer, d’où est venue l’idée du nom « Pale Grey » pour votre groupe ?

Nous venons des Hautes Fagnes, c’est là où nous avons grandi, et c’est également l’endroit en Belgique où il y a le plus de brouillard par an. C’est une espèce de gros truc où on ne voit pas très bien et c’est censé être un peu inquiétant, mais en même temps ça enrobe, ça protège et c’est gris pâle comme ça…

Dans votre morceau “Late Night” vous collaborez avec le MC Serengeti. Comment est née cette collaboration ?

Nous étions en contact avec son agent qui est à Chicago. Nous aimons beaucoup le label d’où il vient. Au départ, nous étions en contact avec eux pour autre chose et puis nous avions ce morceau là. On avait essayer de faire plein de voix dessus (souvent, on fait les voix dans un second temps) et ça ne marchait pas. On ne trouvait pas une bonne voix à mettre dessus. On a donc fini par lui demander, on adorait ce rappeur, surtout parce qu’il avait fait un projet qui s’appelle « Sisyphus » avec Son Lux et Sufjan Stevens. Il a tout simplement dit oui. Nous ne l’avons jamais rencontré, on lui a envoyé notre morceau et il a fait un truc dessus avant de nous le renvoyer. Ensuite, nous l’avons encore retravailler avec une autre voix dessus. Nous avons fait un espèce de ping-pong au dessus de l’Atlantique.

Avez-vous d’autres collaborations en perspectives ? Si oui, avec qui ?

Pour le moment, nous n’avons pas encore beaucoup commencer à travailler sur les prochains morceaux. Nous avons tous des petites choses qui arrivent chacun de notre côté. Maintenant, on sait qu’on a toujours aimé le hip-hop, donc c’est vraiment probable que l’on collabore à nouveau avec d’autres rappeurs. En ce qui concerne les collaborations, Elise Dutrieux a également fait une seconde voix sur notre titre « Hunter ».

Généralement, les collaborations, on les envisagent vraiment vers la fin, lorsqu’on finalise les morceaux et que l’on estime qu’on a besoin d’une aide extérieure.

Vous revenez tout juste d’un concert à Istanbul en Turquie. Comment cette opportunité est-elle née ?

Nous avons participé au festival « ESNS » en Hollande à Groningen. C’est un festival de showcases, c’est-à-dire qu’il y a beaucoup de groupes qui jouent devant beaucoup de professionnels qui se rassemblent. Il y a ce même genre de festivals à Brighton en Angleterre. Et ces dates permettent de croiser plein de monde du milieu professionnel au niveau européen. Et là, il y avait un programmateur turc qui était là et qui a bien aimé. Il nous a donc proposé de venir en Turquie et on a vu ce qui était possible de faire. C’était tout pile faisable et c’était cool.

Comment avez-vous vécu ce concert ? Comment cela s’est passé ?

Très très bien. Les turcs nous ont très bien reçus. Istanbul est une superbe ville et étonnante. C’est une ville beaucoup plus moderne que ce à quoi on peut s’attendre. C’est toujours étrange de jouer loin de chez soi devant des gens qui, à priori, ne nous connaissent pas forcément et de voir qu’il y a des personnes qui chantent tes morceaux dans des endroits qui sont tellement éloignés géographiquement. C’est toujours une drôle de sensation.

Dans quel endroit rêveriez-vous de vous produire ?

Nous ne sommes jamais allés aux Etats-Unis. J’espère que ça va se faire un jour.

Quel est le morceau que vous préférez faire en concert ?

Cela varie en fonction des lives. Lorsque nous avons commencer à jouer les morceaux de cet album, nous étions plus à l’aise avec certains et puis ça a évoluer au fur et à mesure du temps. En ce moment, nous aimons beaucoup jouer « Seasons » et « Waves » qui sont deux chansons qu’on mixe ensemble. On aime bien changer les choses au fur et à mesure aussi. Cela peut vraiment évoluer au fil des sets et heureusement. Cela nous permet aussi de les redécouvrir. Au final, nous sommes souvent amenés à jouer les mêmes morceaux. Pour essayer de ne jamais s’ennuyer, on essaye de changer des petits trucs.

Quelle est votre définition d’une bonne chanson ?

Notre critère, dans toutes les chansons qu’on a produites, dans lesquelles on a été piocher pour faire cet album, est de procurer des émotions. On devait avoir les poils qui s’hérissent et qu’elle reste dans le temps et dans nos têtes sans nous ennuyer. Qu’elle puisse être à la fois assez efficace et marquante et en même temps qu’elle ne le soit pas gratuitement, c’est-à-dire qu’elle soit vraiment accompagnée d’une profondeur qui nous échappe un peu. Que dans la mélodie, il y ait un truc  qui soit un peu magique, qu’on se dise même « tiens, c’est marrant, on a fait ça et on ne sait pas trop comment ».

Quels sont les artistes qui vous mettent tous d’accord ?

Il y en a plusieurs. Dans les sorties récentes, nous sommes tous allés voir Unknown Mortal Orchestra.

Selon-vous, quel artiste ou groupe belge a marqué cette année 2018 ?

C’est plutôt dans le hip-hop, avec Angèle, Roméo Elvis, Caballero et Jeanjass ou encore Damso. C’est vraiment cette scène-là qui perce le plus pour le moment et c’est une bonne nouvelle pour tout le monde.

Et avez-vous déjà une idée de qui fera l’année musicale 2019 ?

C’est une bonne question et c’est très difficile à dire. Ça se fait à moitié à la chance et à moitié au talent. Il y a des super groupes qui ne percent jamais et qui ont du mal et il y a des moins bons groupes qui percent… C’est un peu une roulette russe parfois, on ne sait pas trop comment cela fonctionne. Si on savait comment ça fonctionne, ça deviendrait peut-être un peu triste d’ailleurs.

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