GLAUQUE – INTERVIEW

Glauque - Interview

Avec le titre « Robot », le groupe Glauque est sans aucun doute la révélation rap du moment. Entre sonorités électroniques, sensibilité et double sens, Glauque séduit avec sa poésie. Rencontre avec Aadriejan, Aaron, Baptiste et Louis. 

Pour commencer, d’où est venue l’idée du nom « Glauque » pour votre groupe ?

Baptiste : Lucas Lemage, qui est le claviériste dans le projet et qui n’a pas pu être là aujourd’hui, aime bien connaître des trucs un peu bizarre parfois. Un jour, il voulait savoir comment s’appelaient les différentes teintes de couleurs. Pour sa Noël, je lui ai offert un bouquin où il y a le nom de toutes les teintes. En parcourant ce livre, on est tombé sur le mot « Glauque » et on a appris que c’était une couleur. C’est une super belle couleur entre le vert et le gris. Quelques mois plus tard, au moment de trouver un nom de groupe, ce mot est venu sur la table. On s’est dit que c’était assez cool, car ça mélange plusieurs sens : le terme qu’on connaît tous et la couleur. Beaucoup de gens ne savent pas qu’à la base, la première signification du mot Glauque, c’est une couleur. C’est donc aussi un peu lié avec notre musique à texte, c’est de la poésie, on joue avec des doubles sens. On s’est donc dit que ça collait assez bien à l’image qu’on voulait donner au projet.

Qu’est-ce qui vous a poussé à créer ce groupe et à vous lancer dans la musique  

Aadriejan : A la base, le groupe est né de Louis et moi. Je créais déjà des musiques de mon côté, mais j’avais envie d’en faire spécialement pour le rap.

Louis : Pour ma part, j’écrivais et je cherchais quelqu’un pour faire des prod’ de rap. Du coup, j’avais demandé à mon frère s’il avait le temps ou s’il connaissait quelqu’un. A l’époque, il n’avait pas le temps, donc il m’avait mis en contact avec Aadriejan. C’est comme ça que c’est né.

Aadriejan : On a commencé à se voir un peu toutes les semaines pendant un mois ou deux. On a vite eu une échéance, car on a participé à un concours au kot à projet de Namur. C’est le premier concours auquel on a participé. Pour ce concours, on voulait avoir une formation plus live. C’est à ce moment-là que Baptiste et Lucas se sont rajoutés et que le groupe s’est vraiment formé. Suite à cela, on a commencé à créer ensemble.

Quelles sont vos principales sources d’inspirations pour vos textes ?

Louis : Mes relations avec les gens, et principalement les femmes à la base. [rires] J’ai commencé à écrire il y a 4-5 ans. Je n’écrivais pas spécialement du rap, j’écrivais juste comme ça. C’est né d’un besoin d’extérioriser certaines choses. Au début, c’était une vraie introspection et une envie de sortir des trucs que je gardais en moi depuis longtemps. Ça s’est surtout nourri de mes expériences avec les autres. Ce qui est assez drôle, c’est que jusqu’à mes 16 ou 17 ans, je n’écoutais pas de rap. Et j’avais comme plein de gens qui n’écoutent pas de rap, les « stéréotypes du rap ». Je me disais que c’était vulgaire, pas intéressant, insultant, dégradant… Et puis quand j’ai commencé à en écouter, j’ai découvert que beaucoup de choses n’étaient pas du tout comme ça, que c’était bien plus proche de la poésie. C’est ça qui m’a vraiment donné envie d’en faire aussi.

Vous souvenez-vous du premier titre que vous avez fait ensemble ?

Louis : Oui ! C’était quand on s’est rencontré avec Aadriejan. Je me rappelle même de la date, c’était le 13 septembre 2017. On s’était rencontré chez lui, mes parents n’étaient pas chez moi et je lui avais proposé de passer à la maison. Le lendemain, on avait déjà fait une chanson. Et le titre c’était « Confiture ». [rires]

Aadriejan : Chaque petite maquette que je faisais de mon côté, je les appelais « confiture », simplement parce que « Jam » en anglais se traduit par « Confiture ».

Glauque
© Marie Périlleux

Comment faites-vous pour vous mettre tous d’accord lors de la composition et de la production de vos morceaux ?

Baptiste : Le premier point qu’on peut dire c’est qu’on a des influences communes. Ça permet déjà d’avoir une sorte de direction pour le projet. Pour se mettre d’accord, on communique beaucoup. Dès qu’on a des idées, on les partage tout de suite à tout le monde. On n’est pas du tout fermé à tester les idées des autres et c’est comme ça qu’une idée aboutit à une autre idée et ainsi de suite… On adapte et on mélange les influences de tout le monde.

Louis : On a aussi toujours un fil conducteur. Ça nous arrive souvent de travailler en parallèle du texte, et donc de réadapter la musique. Ça nous permet de travailler plus facilement. C’est plus facile parfois d’accorder une émotion avec un mot qu’on va ensuite retranscrire en musique.

Baptiste : Et puis on fait l’inverse parfois.

Louis : Oui, ça fonctionne dans les deux sens. Ce que je veux dire, c’est qu’on est vraiment dans la recherche de la cohérence entre la musique et le texte. Et que ce soit dans la forme rap ou pas, on s’en fout, on n’a pas envie d’être forcément là-dedans. On a commencé par le rap parce que c’était le plus « facile » et le plus évident. On essaye d’accorder au mieux la musique avec les mots ou les mots avec la musique.

Est-ce que la sortie d’un album est dans la liste de vos futurs projets ?

Aaron : Oui ! A terme on a tous envie de sortir un album, parce que déjà on doit, pour pouvoir profiter de la visibilité qu’on peut avoir grâce au Concours Circuit notamment ou des choses comme ça. On va commencer par un EP, mais avant cela, il faut d’abord qu’on se fixe dans quelle direction artistique on veut aller, parce que j’ai l’impression qu’on se cherche encore. Il faut aussi créer une cohérence.

Louis : Si ce n’est pas cohérent de bout en bout, ça n’a pas d’intérêt non plus. S’il n’y a pas une cohérence globale au projet, autant sortir des chansons comme ça.

Aaron : C’est dans nos projet, mais ce n’est pas urgent.

Quel est le morceau que vous préférez faire en concert ?

Aaron : « Robot » ! Je l’interprète à ma façon. Pour moi, ce sont toutes les défaites que quelqu’un de lambda peut avoir. J’ai l’impression que c’est quelqu’un qui exagère toutes ses petites défaites. C’est l’histoire de quelqu’un qui est en train de péter un câble pour toutes des petites défaites de la vie qui ne sont pas forcément très grave, mais là c’est juste la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Et du coup, c’est hyper exagérer. C’est une bonne catharsis et ce morceau permet vraiment de se défouler. C’est comme ça que à chaque fois je peux le jouer sur scène, ce sont toutes mes petites frustrations de la vie qui sont passées là-dedans. C’est pour ça que c’est mon morceau préféré. C’est le morceau avec lequel je me sens le plus à l’aise au niveau de la musique et c’est un morceau qui me parle vraiment.

Aadriejan : C’est le morceau qui a pour titre provisoire « Shout out ». C’est un morceau qui a une chouette envolée instrumentale. En concert, c’est le moment où je prends vraiment mon pied.

Baptiste : Je joue les drums sur un pad, mais il y a un morceau dans le set où je rejoins Lucas. A ce moment là, je peux vraiment me défouler, car je ne suis plus coincé à taper sur des petits pads. Etant pianiste à la base, cela me permet de retrouver un peu mon instrument de base.

Louis : Moi c’est une chanson qui s’appelle « Feu vert », qui est peut-être la plus personnelle de toutes celles qu’on fait. Ça parle d’une histoire d’amour qui termine mal, mais dont on se rend compte qu’elle n’était pas si mal au final. C’est une chanson qui met tient beaucoup à cœur.

Quel est l’artiste/le groupe qui vous met tous d’accord ?

Louis : Odezenne ! On n’a pas du tout les mêmes influences musicales à la base. Aaron et moi on écoute beaucoup plus de rap que Lucas, Baptiste et Aadriejan. Et du coup, Odezenne, c’est un peu une sorte de compromis rêvé entre ce qu’on écoute chacun de notre côté.

Selon-vous, quel est l’artiste belge qui fera l’année 2019 ?

Aadriejan : Pour moi, c’est le groupe Balthazar qui est en train de se reformer et de sortir de nouveaux morceaux.

Baptiste : Pareil !

Louis : Roméo Elvis, qui va bientôt sortir son nouvel album.

Aaron : Angèle !

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