KING CHILD – INTERVIEW

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Le 08 février 2019 dernier, King Child dévoilait « Leech ».  Jean Prat et Quentin Hoogaert vous font découvrir leur second album à travers cette interview.

Pouvez-vous nous parler de votre nouvel album « Leech » ?

Jean : « Leech » est notre deuxième album. Le processus de composition a commencé dès la sortie du 1er album, « Meredith ». Il y a eu finalement peu de temps entre les deux, 16 mois exactement. Pour ma part, j’avais juste besoin de continuer d’écrire, travailler de nouvelles idées, rester dans le processus de création. Je suis très fier de notre 1er album, mais il y a un grand laps de temps entre certaines chansons. Certaines datent même d’avant la création du groupe. Des bouts de chansons que j’avais depuis un moment.
Pour « Leech », j’avais envie d’un laps de temps plus court pour créer. De resserrer le propos musicalement, d’aller dans une direction plus contenue. Il me semble donc que cet album est plus compact, plus sobre et peut être plus cohérent.

Quentin : Effectivement, sur « Meredith » le processus était assez étendu dans le temps. La vie défile et l’état d’esprit change, les événements surviennent. Je vois un album un peu comme une capsule temporelle, un « instantané » d’un moment X. C’est ce que nous voulions faire pour « Leech », un laps de temps court qui permet de garder un fil conducteur ou du moins un feeling, de la cohérence.

Quelles sont vos principales sources d’inspiration pour vos textes ?

Jean : Je vais laisser Quentin répondre plus en détail mais clairement, notre plus grande source d’inspiration c’est ce qui nous entoure, le monde actuel, ce qu’on vit, ce qu’on traverse…

Quentin : La principale source est la musique. Jean est très inspirant, travailler avec lui est un cadeau. Il est très créatif et me sort de ma zone de confort. Les textes viennent tout naturellement. Je suis, comme tout le monde, bercé dans une époque qui n’est pas glorieuse et pourtant fascinante. Les sujets vont se succéder en parlant de la perception du monde extérieur, des sentiments qu’il provoque. L’isolement, l’amour, la perte, l’aliénation, la relation à la technologie dans ce qu’elle a de bon, mais aussi de la servitude dans laquelle elle nous plonge parfois… Nous faisons en permanence les mêmes erreurs, à beaucoup de niveaux… Un jour, quand le voyage orbital sera un peu plus accessible, j’espère qu’ils enverront les chefs d’états dans l’espace pour qu’ils prennent un peu conscience de ce qu’ils négligent.

Comment s’est déroulée la conception de cet album ?

Jean : Un peu toujours de la même manière jusqu’à présent. Trouver une idée musicale, un son, une suite d’accords, un pattern de batterie, une ligne de basse… Et développer l’idée, trouver la vibe. Poser quelques bouts de textes, de mélodies, mélanger tout ça et essayer d’en faire une chanson !
Je passe beaucoup de temps dans mon studio à jouer du piano, chercher sur les synthés. Et puis parfois d’un coup l’idée est là. C’est donc allé assez vite sur pas mal de chansons. Et moins sur d’autres ! « Maxillary Dysfunction » a trouvé sa forme définitive 2 jours avant d’être mixée et une semaine avant de partir au pressage. Parfois, la pression aide à terminer. Comme si ça permettait d’être plus « focus » d’un seul coup.

Quentin : Exactement, certains morceaux sont clairement quasi finalisés en un ou deux jours. Parfois, à avoir la tête trop dans le guidon, ça peux prendre beaucoup plus de temps.

Quels sont les 3 mots qui décriraient le mieux “Leech” ?

Jean : Moi je dirais « Mélancolie » bien sûr, mais aussi « voyage » et « héritage ». Alors mélancolie parce que la musique l’est ! « Voyage » car j’ai l’espoir que la musique te permette de voyage sans bouger, t’emmener ailleurs pendant un moment, te faire du bien et te déconnecter du reste ! Et j’aimerais que les chansons de King Child puissent faire ressentir ça !
Et héritage enfin car j’ai envie de faire le lien et de rendre hommage d’une certaine manière à la musique avec laquelle j’ai grandi, la musique des année seventies, la musique progressive, ce mood là. Mais aussi toute la musique moderne, la production électronique… Et de pouvoir mélanger tout cela.

Quentin : J’aime assez la vision de Jean.

Quel est le morceau que vous préférez faire en concert ?

Jean : Jusqu’à présent je pourrai dire « Meredith », du 1er album. Mais il est bien possible que cela change avec les nouveaux morceaux !

Quentin : Personnellement, je les aime tous, je peux juste dire que certains me font plus flipper quand je les vois se rapprocher sur la set list. Disons que l’interprétation joue un rôle énorme et le physique en prend pas mal. Tout est une question d’intention et faut pas se louper pour restituer le sentiment qu’on veut véhiculer.

Selon-vous, quel est l’artiste belge qui fera l’année 2019 ?

Jean : Question très délicate ! J’en ai sacrément aucune idée 🙂
J’ai envie de te dire King Child, mais je pense que ce sera plutôt Angèle 🙂 (que j’apprécie par ailleurs, mais pas autant que mes filles !)

Quentin : Ouais il y a des chances, mais c’est pour ça aussi qu’on se bat, donner un son moins formaté aux oreilles des gens, leur offrir un choix peut être un peu plus éclectique.

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