RIVE – INTERVIEW

En ce mois de mars, RIVE dévoile son premier album intitulé « Narcose ». Au son des mélodies électro-pop, le duo bruxellois séduit avec ses textes engagés et emplis de sentiments. Découvrez « Narcose » à travers notre interview. 

Pouvez-vous nous parler de votre nouvel album ? Quels sont les thèmes abordés dans celui-ci ? Quels ont été vos sources d’inspiration ?

Kévin : Narcose est notre premier album. Nous avons choisi de conserver trois titres qui étaient déjà présents sur notre EP Vermillon, sorti en 2017, puisque les 7 nouveaux titres s’inscrivent dans la continuité de l’EP, tant au niveau des thématiques abordées que de l’ambiance musicale. Les morceaux ont été enregistrés, chacun indépendamment, tous les deux ou trois mois, sur une période de deux ans. On a vraiment pris le temps de fignoler chaque chanson.

Juliette: Chaque morceau a sa propre histoire, tant dans l’inspiration musicale, qui est liée à ce que l’on écoutait à ce moment-là, que dans le choix des thèmes des paroles, lié à ce que l’on vivait ou à ce que voulions dire à cette période de nos vies. Par exemple, le morceau « Soleil » a été écrit dans le cadre d’une résidence au Canada. Dans les morceaux, il y a à la fois du Odezenne, du James Blake, du Moderat, du Son lux, du Fishbach… C’était important pour nous que chaque morceau ait son identité.

Pourquoi avez-vous choisi « Narcose » comme titre pour votre album ?

Juliette: La Narcose, c’est l’ivresse des profondeurs en plongée sous-marine. Ce moment où sous l’eau la conscience est altérée, où l’esprit « vrille ». On aime cette expression puisqu’elle renvoie à une notion de passage. Selon nous, le passage est le fil conducteur de l’album, puisque dans chaque chanson, il y a d’abord une situation initiale, souvent critique, puis est proposée une évolution, une ouverture vers autre chose. Par exemple, dans le morceau « Justice », le début de la chanson parle d’un monde qui va trop vite, qui nous épuise, d’un monde qu’on nous impose et qu’on essaie de fuir, le break est une respiration: « Toi contre moi, et le temps contre nous, je me souviendrai », et la deuxième partie propose une résolution, qui dit que l’on est maître de soi et qu’on peut changer les chose. La chanson « Soldat » aussi décrit une situation initiale de violence, dans le pont, nous réclamons que justice soit faite, et le final, instrumental, ouvre vers l’avenir. De même, la chanson « Nuit », revient sur la manifestation féministe Reclaim the night dont l’objectif est la réappropriation de l’espace publique, elle propose que les victimes du premier couplet, grâce à la mobilisation collective, deviennent actrices de leur destin dans le second couplet. 

Si vous deviez décrire « Narcose » en 3 mots, quels seraient-ils ?

Kévin : Difficile, en trois mots… Je dirais que les expressions qui reviennent le plus quand les gens parlent de notre album sont: « Clair/obscur, poétique, mélancolie/espoir ».

Votre dernier clip “Filles” à une identité très particulière (tout comme votre clip “Justice”). Pouvez-vous nous parler de votre collaboration avec Temple Caché ?

Kévin : Ce sont des amis avec qui on avait déjà collaboré sur d’autres projets. On est fan de leur univers visuel et de leur côté, ils comprennent bien notre univers musical. Sur « Justice », on savait qu’on voulait essayer quelque chose avec des collages, pour « Fauve », on leur a envoyé des exemples de clips en 3D que l’on appréciait en leur disant de se faire plaisir et d’essayer des choses. On leur a donné carte blanche pour travailler. Pour « Filles », on savait qu’on voulait travailler la thématique féministe. A chaque fois, on est très touché par le résultat. Beaucoup de nos amis sont illustrateurs et illustratrices, et c’est naturel pour nous de nous tourner plutôt vers l’animation.

Pourquoi avez-vous décidé de sortir « Fauve » et « Filles » comme premiers singles/clips pour présenter votre nouvel album ?

Juliette: « Fauve » est le premier titre que nous avons enregistré après notre EP Vermillon, on aime son coté rude et sombre, mais aussi un peu rêveur avec le break au piano. Il réuni les ingrédients de l’album, des arrangements très synthétiques, une voix assez douce, et une thématique assez dure (l’amour perdure mais le désir s’étiole) mais qui renvoie à la possibilité de rebondir. Le titre « Filles », quant à lui, parle de cette nouvelle vague féministe qui voit le jour. La thématique féministe se retrouve sur des morceaux comme « Nuit » ou « Soldat ». On aime aussi le contraste entre la voix qui plane et le refrain qui explose. On envisage de sortir d’autres morceaux prochainement.

Retrouvez Rive au Botanique ce 14.03.2019 !
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