LYLAC – Interview

Après le succès de son album « The Buffalo Spirit », une nomination aux D6bels Music Awards et aux Octaves de la musique, Lylac (Amaury Massion) présente son quatrième album intitulé « I’m the stranger ».

Pour commencer, d’où est venue l’idée du nom « Lylac » pour votre nom de scène ?

Le nom LYLAC vient du morceau Lilac Wine écrit par James Shelton en 1954 et interprété de manière magistrale pour la première fois par Nina Simone. Je cherchais un nom qui corresponde à l’atmosphère à la fois douce mais tranchée de ma musique. Cette chanson, Lilac Wine, parle d’un amour doux et amer en même temps. Cela correspondait totalement à l’esprit de ma musique : avec une douceur nostalgique, mais néanmoins sans aucune naïveté. Le nom LYLAC s’est donc imposé comme une évidence, avec un « y » pour le côté stylisé.

Votre 4ème album I’m the stranger est sorti le 21 août dernier. Pouvez-vous nous en parler ?

C’est un album qui a été concocté entre sensibilité bucolique et rythmes enracinés aux pavés bruxellois. Il a été autant inspiré par des paysages grandioses comme des canyons ou des rivières déchainées, que par mon quartier multiculturel et urbain (Matongé) à Bruxelles. J’ai essayé de créer des morceaux qui visent en quelque sorte la rencontre harmonieuse entre les instruments en bois (violoncelle, violon), rappelant l’évidence simple de la nature qui nous entoure, et le monde des hommes (My quest, Dreamers).

Pour cet album, cela faisait longtemps que je voulais travailler avec des rythmiques programmées, basées soit sur des samples audio ou des boites à rythmes. Comme pour chacun de mes albums, j’ai d’abord écrit les morceaux avec ma guitare acoustique pour que ce soit avant tout des chansons qui fonctionnent dans leurs formats les plus simples. C’est d’ailleurs comme ça qu’on voit si on a écrit un morceau qui se tient. Après, j’ai commencé à chercher des sons, rythmiques de manière assez instinctive. Comme une toile qui se dessine au fur et à mesure, l’habillage des morceaux a pris forme de manière assez naturelle, tout en respectant l’émotion originelle du morceau. Le mixage de l’album a été réalisé par le grand Pierre Vervloesem (Deus, Flat Earth Society…). Il a fait un boulot extraordinaire !

Je dirais que I’m the stranger est un voyage indie folk invitant au partage, à l’échange, au questionnement, mais jamais avec jugement, ni complaisance.

Quelles ont été vos sources d’inspiration pour les textes de ce nouvel album ?

Le voyage et la rencontre ont toujours été les piliers fondateurs de ma musique. Les grands espaces permettent de regarder à l’horizon, ce qui aide à voir les choses avec perspective. C’est ce qui m’inspire. Il y a tellement de beauté dans ce monde que si on prend le temps de la regarder, on ne peut qu’être subjugué. Pendant la composition de ce nouvel album I’m the stranger, j’ai eu la chance de voyager en ‘van aménagé’ avec ma famille en Norvège.  Ce pays est magnifique avec une nature intacte qui rappelle les paysages que j’ai pu voir aux USA (où j’ai écrit mon album précédent The Buffalo Spirit). Cette nature de forêts, de lacs, de fjords préservés si proche de chez nous, nous rappelle l’urgence de protéger ce patrimoine mondial pour les générations futures. Les paroles de mon nouvel album parlent beaucoup de ce tournant que l’humanité doit absolument prendre afin de réinventer un nouveau monde plus égalitaire et plus respectueux. J’ai beaucoup été aux manifestations pour le climat du vendredi. Je soutiens de tout cœur ce mouvement des jeunes pour le climat qui est un bel espoir de changement.

Mais la question est : est-ce qu’une reconnexion entre l’homme et la nature, dont il fait partie, est possible ? Ou alors sommes-nous devenus des étrangers face au monde du vivant et face à nous-mêmes ? La pochette de l’album fait d’ailleurs référence à cette idée.

Personnellement, je veux y croire, de toute façon, nous n’avons pas d’autre choix que d’y croire et d’essayer de rendre notre société plus humaine, plus solidaire.  Je crois que cela devra passer par le retour au « local »…réapprendre à consommer et à produire près de chez nous, ce qui va aussi retisser du lien social entre les gens.  On voit bien avec la crise du coronavirus que cette économie mondialisée où nous dépendons de pays lointains pour des masques par exemple, n’a aucun sens… C’est un long débat, mais le système économique actuel n’a aucune éthique, détruit la planète et augmente sans cesse les inégalités sociales. Vaste sujet… On a du pain sur la planche !

Si vous deviez décrire votre nouvel album en 3 mots, quels seraient-ils ?

Americana-Folk-Pop, bucolique et lumineux.

Selon-vous, quel est l’artiste belge qui marquera la fin de l’année 2020 ?

J’aurais bien voulu citer un nom, mais l’année 2020 sera une année très compliquée pour les artistes. Tous les concerts étant en grande partie annulés. Ce qui marquera l’année, c’est la crise de tout un secteur, de toutes les personnes qui travaillent autour d’un projet : les techniciens, les performers, les bookers, les organisateurs… C’est un secteur qui devra être entendu et soutenu ! Cette année, tout le monde doit être sous les feux des projecteurs.

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