MÉLANIE ISAAC – INTERVIEW

Mélanie Isaac

Originaire des Ardennes belges et vivant aujourd’hui à Bruxelles, Mélanie Isaac est une jeune artiste qui nous touche de part la beauté de ses textes et ses mélodies pop. Cette semaine, nous vous invitons à découvrir son univers à travers cette interview… 

Votre nouvel EP « L’inachevée » est sorti le 14 septembre dernier. Pouvez-vous nous en parler ? Quels sont les thèmes abordés dans celui-ci ? Quelles sont vos sources d’inspirations pour vos textes ?

Je suis ce que l’on pourrait dire, un irrécupérable « romantique-réaliste » (rire), pas dans le sens où je ne ferais qu’aborder l’écriture sous le prisme de la relation dite « amoureuse », mais de la relation plus généralement, de l’humain. Je traite des sujets de l’intime, je pars du sentiment. Mais j’accorde une importance particulière à ne pas enfermer l’auditeur dans une vision précise qui serait la mienne, à ne pas être trop directive dans mon propos. J’aime jouer sur les doubles sens, le sous-texte. J’aime l’idée que l’on puisse interpréter ma chanson, que chacun puisse y entendre ce qui l’anime personnellement.

Pourquoi avez-vous décidé d’appeler votre nouvel EP « L’inachevée » ?

L’inachevée, c’est le titre d’une chanson de l’EP… mais pas seulement. C’est aussi un mot qui résonne en moi comme étant la promesse d’un infini, d’une pulsion de vie, d’un élan. L’inachevée comme pour défier naïvement la triste finitude de tout ce qui nous entoure.

Votre album a été enregistré entre Manchester et Gand. Pouvez-vous nous parler de l’enregistrement ? Comment cela s’est-il passé ?

La majorité des titres de l’EP a été réalisée à distance avec James Doviak à Manchester. Je lui ai envoyé des maquettes enregistrées ici et là avec des musiciens en Belgique et puis des pistes de voix. Nous avons réalisé ce disque sans nous voir, à coups de gmail et de wetranfer. Ensuite, une partie du mixage a été réalisé à Gand et le mastering à Paris. Le tout sans vraiment sortir de ma chambre. C’était super inspirant de travailler comme cela, d’envoyer des pistes à des kilomètres, d’essayer de me faire comprendre dans une langue qui n’est pas la mienne, d’attendre patiemment, de recevoir des propositions et de devoir faire 5 fois le tour du pâté de maison en pleine nuit pour me remettre de mes émotions tellement j’étais contente !

Pouvez-vous également nous parler de la réalisation de vos clips pour les morceaux « Comme des loups » et « Jamais sans raison » ? Ils sont tous les deux très sombres. Cela fait-il partie de votre univers ?

Je suis passionnée de photographie. Pour chaque chanson, je réalise un moodboard. Pour « Comme des loups », j’avais collecté des images illustrant des paysages ardennais, ceux dans lesquels j’ai grandi. Mon ami François Pirot avec qui j’ai réalisé ce clip est originaire du même coin et vit aujourd’hui à deux rues de chez moi, ici à Bruxelles. Cette idée de collaboration m’est apparue comme évidente. Nous nous sommes baladés, simplement, durant deux belles longues journées. C’est sa compagne, Valène Leroy, qui s’est chargée du montage. Mais nous ne devrions pas parler de montage dans ce cas-ci, mais plutôt de dentelle. Cette femme est une dentellière de l’image, d’un sensibilité rare.

Pour le moodboard de « Jamais sans Raison », j’avais collecté des images nocturnes plus urbaines. Quelques photos capturées lors de mes voyages à New York mais aussi des clichés de photographes que j’adore comme Elsa Bleda et Lea Savvides. Des images de scènes dont les éclairages rouges et bleus offrent beaucoup de contraste. La réalisation de ce clip était vraiment un challenge. Malheureusement, Bruxelles de nuit est plutôt peu éclairée ou éclairée « jaune ». Je manquais de temps et surtout d’argent si bien qu’il était un peu déraisonnable de m’offrir ainsi qu’à une équipe de tournage, un billet d’avion pour les Etats Unis. Ha ! L’idée d’aller chanter ma chanson dans un studio cinéma et de jouer simplement sur des éclairages s’est imposée tout naturellement. Aussi, j’avais envie de contrebalancer avec le premier clip parfois un peu timide et d’offrir d’avantage de ma personne même si je dois avouer ne jamais me sentir vraiment à l’aise devant une camera. Heureusement, il y avait un micro ! (sourire)

Sombre ? Très sombre ? Je ne pense pas. On a tous nos parts d’ombre je pense. Et il est vrai que j’aime m’amuser de ce qui font les miennes, d’en rire, d’en faire des chansons et des objets visuels qui je l’espère sont un peu jolis. Cet univers en images que je propose est sans doute plus emprunté à la culture indé qu’au mainstream, ça oui. Mais je ne suis pas quelqu’un de sombre. Je t’assure que je réponds toujours la première quand il s’agit de faire un bonne plaisanterie ou de régresser en enfance joyeuse. Par contre, je trouverais cela vraiment sombre voir profondément glauque de réaliser des clips « légers tout frais tout beaux tout joyeux » pour correspondre à une mode que j’ignore parfaitement.

Comment qualifieriez-vous votre musique ?

Je fais une espèce de pop un peu mélancolique , sous fond de musique électronique avec des petites touches lointaines de rock. Et pour ma part de lumière, disons que j’ai cherché dans ma voix quelque chose qui console. (rire) Aussi, disons que j’ai une façon de composer assez traditionnelle. J’aime les couplets, les refrains et les mélodies simples.

Quels sont vos projets musicaux pour la suite ? La sortie d’un album est-elle dans la liste de vos futurs projets ?

Il y a toujours des chansons qui traînent sur le piano. Il y en a d’autres dans un coin de ma tête. J’ai à cet instant très envie de me remettre rapidement au travail de composition. On verra si je trouve cela faire sens pour moi de rassembler une dizaine de titres pour en faire un album. Mais je l’espère, oui.

Selon-vous, quel est l’artiste belge qui fera l’année 2019 ?

Sans surprise, d’après ce que j’entends et lis partout, il semblerait que la tendance actuelle soit à la belle et fraîche jeunesse surfant sur vague hip hop, chantant le franglais assumé et propageant visuels colorés. Et, sincèrement, je trouve cela très très bien ! Surtout si cela permet de fédérer en salle de concert une certaine jeunesse que j’imagine (certainement à tord) parfois peut-être trop repliée son écran de smartphone.

Mais, j’espère qu’il y a aura aussi en 2019 de la place pour des artistes très à contre-courant, explosant un peu les codes. Je pense à mon amie Mathilde Fernandez qui sort son nouvel EP prochainement. Voix de diva + beat electro + garde robe endiablée. Quand Mathilde passe à la maison me jouer ces nouvelles chansons composées toujours très instinctivement, que je me permets de lui faire remarquer un accord mal placé dans sa grille et qu’elle s’en fou complètement je trouve cela génial. Aussi, je ne suis nullement au courant de son actualité et il n’est même pas belge, mais si un mec comme Einstürzende Neubauten pouvait sortir un titre et faire le buzz, ça me ferait bien marrer.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s